Et si votre SIRH excluait vos collaborateurs sans que vous le sachiez ?
Gestion des congés, notes de frais, entretiens annuels, formations… Les SIRH accompagnent chaque étape de la vie professionnelle de vos collaborateurs. Pourtant, pour ceux et celles en situation de handicap invisible : dyslexie, troubles de l’attention, déficiences visuelles partielles… Ces mêmes outils deviennent un parcours du combattant au quotidien.
Depuis le 28 juin 2025, avec l’entrée en vigueur de la directive européenne sur l’accessibilité (EAA), la mise en conformité des logiciels de gestion devient à la fois une exigence légale et un impératif éthique.
La question n’est plus « pourquoi », mais « comment » rendre vos SIRH réellement inclusifs.
SIRH et handicap invisible : une réalité méconnue
Sophie est commerciale dans une ETI de 800 salariés. Chaque semaine, elle ouvre son SIRH pour poser ses congés, déclarer ses notes de frais, consulter ses bulletins de paie ou s’inscrire à des formations.
Ce qu’elle ne dit pas à ses collègues : elle est dyslexique. Et chaque interaction avec l’outil est un combat silencieux. Les menus surchargés, les contrastes insuffisants, les messages d’erreur incompréhensibles. Ce qui prend 5 minutes à ses collègues lui en demande 20.
Sophie fait partie des 80 % de personnes en situation de handicap dont le handicap est invisible. Et comme elle, des milliers de collaborateurs se battent chaque jour contre des outils censés leur simplifier la vie.
Accessibilité numérique : des chiffres qui interpellent
Quand on parle d’accessibilité numérique, on pense souvent à la cécité, à la surdité ou à l’usage d’un fauteuil roulant. Pourtant, la réalité est bien plus large. Elle englobe de nombreuses situations, souvent invisibles, qui peuvent impacter l’expérience utilisateur :
- Les troubles “dys” (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie) concernent environ 10 % de la population. Un design non accessible : interfaces complexes, polices illisibles, formulaires confus… peut freiner leur productivité et compromettre leur confort d’usage
- Les troubles de l’attention (TDAH) peuvent rendre difficile la navigation dans des menus denses ou la concentration sur des processus longs, notamment sans sauvegarde intermédiaire
- Les déficiences visuelles partielles (daltonisme, malvoyance) entraînent une perception visuelle altérée, souvent invisible, compliquant la lecture des codes couleur, des tableaux de bord ou des indicateurs de statut
- La fatigabilité ou les troubles anxieux liés à certaines pathologies chroniques peuvent rendre l’usage d’un environnement numérique non optimisé plus exigeant et moins inclusif
- Les situations temporaires : un bras immobilisé, une migraine ophtalmique, une fatigue post-opératoire…
Nous pouvons tous potentiellement être concernés.
Le cercle vicieux de l’exclusion silencieuse
Le problème des handicaps invisibles, c’est justement qu’ils ne se voient pas, et passent souvent inaperçus.
La plupart des personnes concernées ne disent rien. Par peur d’être stigmatisées. Par crainte que cela impacte leur carrière. Parce qu’elles pensent que « c’est elles le problème ».
Elles préfèrent souvent contourner l’outil plutôt que signaler leur difficulté. Elles demandent à un collègue de saisir à leur place. Elles notent sur papier. Elles évitent certaines fonctionnalités.
RGAA, directive EAA : les obligations à connaître
Depuis le 1er janvier 2024, toutes les entreprises privées de plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires doivent rendre leurs services numériques accessibles, conformément au RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité).
Mais depuis le 28 juin 2025, la réglementation s’est renforcée avec l’entrée en vigueur de la directive européenne sur l’accessibilité (European Accessibility Act). Désormais, toutes les entreprises privées de plus de 10 salariés OU réalisant plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires sont concernées. Seules les micro-entreprises (moins de 10 salariés et moins de 2 M€ de chiffre d’affaires) sont exemptées.
Les obligations sont claires : conformité aux 106 critères du RGAA, publication d’une déclaration d’accessibilité pour chaque site ou application, élaboration d’un schéma pluriannuel de mise en accessibilité et désignation d’un référent accessibilité numérique.
En cas de non-conformité, les sanctions peuvent atteindre 50 000 € par service numérique, renouvelables tous les 6 mois, et 25 000 € supplémentaires en cas de défaut de déclaration.
Mais au-delà du seuil réglementaire, toute entreprise a une obligation de non-discrimination, y compris dans l’accès aux outils de travail.
Un SIRH inaccessible, c’est potentiellement :
- Une discrimination à l’emploi (le collaborateur ne peut pas exercer normalement ses fonctions)
- Un frein au maintien dans l’emploi
- Un obstacle à l’évolution professionnelle
La question n’est plus « sommes-nous concernés ? », mais « quand allons-nous agir ? »
5 questions pour évaluer l’accessibilité de votre SIRH
Avant de lancer un audit complet, posez-vous ces questions simples :
1.Navigation au clavier
Pouvez-vous utiliser toutes les fonctionnalités du SIRH uniquement avec le clavier, sans souris ? C’est indispensable pour les personnes ayant des troubles moteurs.
2.Contrastes et lisibilité
Les textes sont-ils lisibles sans effort ? Les informations importantes se distinguent-elles autrement que par la couleur ? (Un point clé pour les personnes daltoniennes)
3. Messages d’erreur
Quand un formulaire est mal rempli, le message d’erreur est-il clair, localisé précisément, et propose-t-il une solution ?
4. Complexité des parcours
Combien de clics faut-il pour poser une demande de congé ? Un parcours trop long peut représenter un obstacle pour les personnes fatigables ou ayant des troubles de l’attention.
5. Compatibilité avec les outils d’assistance
Votre SIRH fonctionne-t-il avec un lecteur d’écran ? Un logiciel de dictée vocale ? Un zoom à 200 % ?
Si vous avez répondu « non » ou « je ne sais pas » à plusieurs questions, votre SIRH a probablement des progrès à faire.
L’accessibilité : des bénéfices pour tous les collaborateurs
Concevoir un SIRH accessible, ce n’est pas « faire une faveur » aux personnes en situation de handicap. C’est améliorer l’expérience de tous.
- Une interface épurée profite aux personnes avec des troubles de l’attention… et à tous ceux qui veulent aller vite.
- Des contrastes optimisés facilitent la lecture pour les personnes malvoyantes… et pour tous ceux qui travaillent sur un écran mal réglé ou en plein soleil.
- Des parcours simplifiés soulagent les personnes fatigables… et tous les collaborateurs pressés.
- Des messages d’erreur clairs guident les personnes avec des troubles cognitifs… et tous les utilisateurs occasionnels.
C’est le principe de « l’effet rampe » : une rampe d’accès aide les personnes en fauteuil roulant, mais aussi les parents avec poussette, les livreurs avec chariot, les personnes âgées, les blessés temporaires…
Améliorer l’accessibilité de votre SIRH en 5 étapes
La bonne nouvelle : améliorer l’accessibilité de votre SIRH ne nécessite pas forcément de tout reconstruire.
Voici une approche pragmatique :
Étape 1 : Sensibiliser
Formez vos équipes RH, IT et vos managers aux enjeux de l’accessibilité numérique. La première barrière est souvent la méconnaissance.
Étape 2 : Diagnostiquer
Réalisez un audit d’accessibilité de votre SIRH actuel. Identifiez les points bloquants prioritaires, ceux qui impactent le plus d’utilisateurs.
Étape 3 : Impliquer
Constituez un groupe de testeurs incluant des personnes en situation de handicap. Leurs retours valent tous les audits du monde.
Étape 4 : Prioriser
Concentrez-vous d’abord sur les parcours les plus utilisés : congés, notes de frais, consultation des bulletins de paie. C’est là que l’impact sera le plus visible.
Étape 5 : Contractualiser
Lors de vos prochains appels d’offres SIRH, intégrez des exigences d’accessibilité (conformité RGAA niveau AA minimum). Faites de l’accessibilité un critère de choix, au même titre que les fonctionnalités ou le prix.
Accessibilité et numérique responsable : l’engagement SQORUS
Chez SQORUS, nous sommes convaincus que le numérique responsable ne peut pas se limiter à la dimension environnementale. L’inclusion numérique en est un pilier tout aussi fondamental.
C’est pourquoi notre démarche, reconnue par le Label Numérique Responsable, intègre pleinement les enjeux d’accessibilité :
- Dans l’accompagnement de nos clients sur leurs projets SIRH
- Dans la conception des solutions que nous déployons
- Dans la sensibilisation de nos équipes et de nos partenaires
Parce qu’un SI responsable, c’est un SI qui n’exclut personne
Les points clés à retenir sur l’accessibilité et le numérique responsable
- 80 % des handicaps sont invisibles : vos collaborateurs concernés ne vous le diront probablement pas
- 70 % du contenu numérique professionnel reste inaccessible
- Les SIRH, outils d’inclusion par excellence : vous souhaitez évaluer l’accessibilité de votre SIRH qui sont souvent eux-mêmes des facteurs d’exclusion ?
- L’accessibilité bénéficie à tous, pas seulement aux personnes en situation de handicap
- Des actions simples peuvent améliorer la situation
Signataires de la Charte Diversité et engagés dans des partenariats inclusifs (Femmes du Numérique, Access Inclusive Tech), nous accompagnons nos clients vers des systèmes d’information accessibles à tous.
Vous souhaitez évaluer l’accessibilité de votre SIRH ? Sensibiliser vos équipes aux enjeux du numérique responsable ? Nos experts sont à votre disposition pour échanger sur vos enjeux et vous accompagner dans cette démarche.
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