Les fonctions support RH et finance au cœur de la performance des entreprises africaines

Un rapport de la banque africaine de développement prévoit une accélération sensible de la croissance sur le continent africain. En effet, le taux de croissance devrait atteindre 4,1 % en 2020, contre 3,5 % en 2018. Cette tendance est confirmée par une étude de la banque britannique Standard Chartered qui parvient à la conclusion que certains pays africains présentent les meilleurs potentiels de développement à l’échelle mondiale. 

Ce dynamisme est le résultat d’un climat des affaires plus favorable, d’une croissance soutenue du PIB et du volume des exportations, de la mise en place annoncée de la Zone de Libre Echange Economique (ZLEC), du développement du commerce électronique et de la digitalisation de certains secteurs de l’économie africaine. Pour faire face à tous ces changements et rester compétitives, les entreprises africaines devront être en mesure de mobiliser les bons talents, au bon moment.

Elles devront également s’atteler à mieux capter les flux et avoir une analyse pertinente de leurs données comptables et financières avec des KPI et des reportings adaptés. Ce sont bien une Direction des Systèmes d’Information (DSI) et des directions de fonctions support (Finances, RH…) fortes qui permettront aux entreprises de déployer les stratégies adéquates. Pour cela, ces DSI et fonctions supports doivent nécessairement faire l’objet d’investissements susceptibles d’améliorer les performances des entreprises africaines.

Le rôle des fonctions support, RH et finances

Les fonctions support ont pour objet d’améliorer la gestion et le fonctionnement de l’entreprise ou du groupe. Elles offrent aux équipes opérationnelles un soutien logistique indispensable. En fonction de sa taille et de son secteur d’activité, l’entreprise dispose d’un organigramme plus ou moins étoffé. Des structures de taille moyenne peuvent parfois faire le choix d’externaliser certaines missions dans un souci d’efficacité.

En interne, la direction des Ressources Humaines et celle des finances font partie des services clés d’une entreprise. La Direction des Ressources Humaines (DRH)a notamment la charge de la politique de recrutement et de formation. Elle gère la rémunération des salariés et le déroulement des carrières. La direction administrative et financière (DAF), quant à elle, est associée à l’ensemble des grands choix stratégiques. Elle procède à la recherche de financements et participe à l’évaluation des procédures internes par le contrôle de gestion.

Dans un contexte d’inflation législative, tant au niveau local qu’au niveau des nombreuses règles édictées par les grandes institutions internationales, la direction juridique tient également une place centrale concernant la mise en conformité et la gestion des risques. En relation étroite avec la direction financière, elle négocie les contrats d’achat et de vente. La thématique de la protection des données personnelles, ainsi que les chantiers de digitalisation de la fonction support qui connaissent un développement important dans la vie des entreprises, tendent à renforcer le positionnement de la direction des systèmes d’information (DSI).

Des fonctions supports au service de la performance des entreprises

En Afrique, comme ailleurs, un pilotage financier efficace constitue un préalable incontournable pour optimiser le fonctionnement de l’entreprise. Il s’agit ici de mettre en place des indicateurs de performance (KPI), ainsi que des outils comptables et financiers permettant de disposer en temps réel d’un flux continu de données. C’est à ce prix que les instances de direction seront en mesure de prendre les décisions stratégiques et opérationnelles pertinentes.

La digitalisation de la fonction « finances » est désormais le moyen privilégié pour recueillir des informations utiles, procéder à l’analyse de ces dernières et, le cas échéant, définir rapidement les mesures correctives nécessaires. Par ailleurs, la digitalisation est synonyme de réduction des risques et d’amélioration des rendements. Une réduction de l’ordre de 35 à 45 % du temps consacré aux processus financiers peut être espérée grâce à l’automatisation.

En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, 40 milliards de dollars sont consacrés annuellement à cette fonction par les entreprises. Cet effort conséquent engendre une augmentation très sensible (du simple au double) des revenus et des profits. Le continent africain voit 12 millions de jeunes entrer sur le marché du travail chaque année. Cette génération est connectée et largement féminisée. Il s’agit là d’une chance pour ce continent, qui doit être soutenue par une démarche volontariste de recherche des nouveaux talents ou par la mise en place d’une politique de formation adaptée à l’entreprise et aux exigences spécifiques du marché africain.

Les principaux chantiers de modernisation des fonctions support, RH et finances

Dans une étude rendue publique en 2019, la banque Standard Chartered fait état d’un fort potentiel de développement pour des pays africains tels que la Côte d’Ivoire, le Kenya ou encore le Ghana. La zone économique de l’Ouest africain a pour centre la métropole d’Abidjan. La Banque mondiale évoque un taux de croissance égal à 7,8 % qui place cette région devant l’Inde. Ce succès est notamment lié à un apaisement du climat propice à faciliter les affaires, ainsi qu’au niveau de développement remarquable des infrastructures physiques et numériques.

La situation économique est donc susceptible d’attirer les investisseurs. Pour faire face aux grands enjeux et notamment aux évolutions démographiques, cet engagement est vital pour le continent africain. Pour autant, une évolution des investissements directs étrangers trop limitée risque de remettre en cause le niveau soutenu de croissance que connaît aujourd’hui la Côte d’Ivoire.

Pour relever le défi, les investisseurs devront notamment veiller à activer l’ensemble des leviers d’optimisation relatifs aux fonctions supports. À cette fin, il est nécessaire de dresser un état des lieux préalable. Pour plus d’objectivité, cet audit peut faire l’objet d’une externalisation, par le biais d’un manager de transition, par exemple. Le niveau de digitalisation devra faire l’objet d’une évaluation. Quels sont les outils informatiques à disposition pour l’émission des factures et leur suivi, pour la gestion des stocks, pour effectuer des prévisions de trésorerie, pour la gestion des ressources humaines, etc. ?

Il faut noter que la mise en place d’indicateurs de performance et la définition de procédures internes opérationnelles connues et maîtrisées par tous les acteurs de l’entreprise sont particulièrement importantes dans le cadre de marchés à développement rapide soumis à une forte concurrence. Par ailleurs, le marché africain est souvent confronté à la rareté du capital et du crédit bancaire, à laquelle s’ajoutent des risques accrus d’impayés. Il convient donc d’être particulièrement vigilant dans la gestion de la trésorerie.

En ce qui concerne les Ressources Humaines, les entreprises doivent maîtriser le droit local du travail et procéder aux opérations de mise en conformité nécessaire. L’émergence d’une culture d’entreprise fera l’objet d’une attention particulière.

Enfin, la politique RH dépendra de la position de l’entreprise sur le marché : en phase de croissance et de conquête de nouveaux marchés, une approche innovante ou plus défensive pourra être envisagée sur fond de restructuration.

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